Thomas "Fats"
Waller fut une des personnalités majeurs du Jazz. Il fut
l'élève de James
P. Johnson, mais
depassa bien vite son
maître en notoriétié et en technique. Avec lui, la
perfection du phrasé, l'originalité, le swing semblent
d'une evidence déconcertante. Non content d'être un
pianiste hors paire, Fats Waller était aussi chanteur, chef
d'orchestre, compositeur prolifique de chansons à succès,
et amuseur de scène extraverti. Une main gauche de fer soutenant
une solide rythmique, de l'audace, de
l'imagination, ou trés souvent des loufoquerie se laissent
entendre par dessus les riffs tissés au clavier, voila ce qui
caractérise la spontanéité
et la joie de vivre de ce gros bonhomme, personnalité unique
dans l’histoire du Jazz.
When You And I Where
Young, Maggie (Fats Waller,
1939)
Le
jeune
Fats
sera d'abord sensibilisé à la musique en écoutant
de l'orgue à l'église.
Son père étant pasteur,
il apprendra très tôt à en jouer
et c'est la
pratique de
cet instrument complexe qui lui permettra d'acquérir une
très bonne précision dans son jeu de
piano. Il restera d'ailleurs attaché a l'orgue
toute sa vie. Il est le
premier à avoir intégré cet intrument dans le jazz. Il
perd
sa mère à l'âge de 16 ans et s'installe chez
le pianiste James P. Johnson, grande
figure pianistique de Harlem qui lui donnera de solides leçons
de piano.
Il gardera cependant des sequelles de cette époque et restera
toute sa vie un personnage ambigu à deux facette, a la fois
joyeux, mais aussi hanté par son passé, et en
proie à de gros coups de blues.
St. Louis Blues (1926)
Sa
toute première scéance d'enregistrement a lieu en 1922,
alors qu'il a
18 ans. Il grave Muscle
Shoals
Blues et Birmingham
Blues, qui
constituent ses premières pièces de piano solo. Fats
se sent déjà très à l'aise dans les
studios
d'enregistrement et on
perçoit clairement
une
aisance technique et artistique. Par
la
suite,
avant de
devenir célèbre,
Fats va
accompagner plusieurs chanteuses de blues et
produire des Piano
Rolls, très
populaires à l'époque
où le disque n'était
pas encore très
répandu. Il est trés présent dans la vie nocturne
de Harlem et dans les 'rent parties', soirées organisées
chez les pianistes et qui leur permettaient de payer leur loyer.
Sa
rencontre avec le parolier Andy Razaf
sera
déterminante,et ils formeront un duo prolifique dans la
composition de chansons. Ils leur arrivaient au début de leur
carrière de revendre pour des broutilles des
compositions
qui deviendront d'énormes
succès.
Ainsi, plusieurs standars célébres sont supposés
être de sa composition.
You Get Mad (avec
Rose
Henderson - 1924)
Sa notoriété est grandissante,
Fats abandonne peu à peu les rent
parties, étant
d'avantage sollicité pour des soirées en ville
données par des millionnaires. Pour autant, Fats reste une
personne peu soucieuse de l'argent et il lui arrive de jouer en
échange de rien, si ce n'est une soirée bien
arrosée. Il sortait alors entouré d'une
foule de personnes enthousiasmées et parfois un bon cigare.
Dans
les années
1920, les disques de piano avaient beaucoup de succès bien que
l'instrument soit difficile à enregistrer. Fats sera donc
autorisé à en graver une belle série en 1929. Ces
sessions d'enregistrement ont laissé quelques compositions
originales parmi les plus célèbres du pianiste : Handful
of
Keys, Sweet Savannah Sue, Smashing Thirds, Valentine Stomp ouNumb
Fumblin'.
Durant
les années de la crise, Fats n'enregistrera que très peu
: Deux morceaux au piano en duo avec Bennie Payne (futur pianiste de
Cab Calloway) en 1930, puis deux autres en 1931, I'm
Crazy
'Bout my Baby
et Draggin'
My
Heart
Around dans
lesquelles on peut l'entendre chanter pour la
première fois. Il accompagnera aussi plusieurs orchestres en
vogue.
I Would
Do Anything For You(& 'Billy Banks Rhythm Makers', 1932)
C'est
en 1934 au cours d'une soirée organisée par Georges
Gershwin, pendant laquelle il faisait le clown au piano, qu'il se fait
remarquer par un représentant des studios Victor. Celui-ci le fait signer, et
Fats enregistrera jusqu'à la fin de sa vie avec cette
société. Il forme la même année son
orchestre de 5 ou 6 musiciens, Fats
Waller & His Rhythm, avec qui il connaîtra un immense
succès.
Très bon leader d'orchestre par
son énergie et sa vitalité, Fats
se produira jusqu'à la fin de sa vie
avec cette même formation en enregistrant plus de 400 morceaux.
All My Life (Fats Waller
& His Rhythm, 1936)
Latch On (Fats
Waller & His Rhythm,1938)
Fats
Waller & His Rhythm probablement en 1938
C'est
aussi par le biais de la radio que Fats
devient une vedette. Il fut l'un des premiers jazzmen à utiliser
ce média, et aussi l'un des premiers
afro-américains à disposer d'une émission
radiophonique régulière. Bout-en-train par excellence,
et
doté d'une spontanéité à toute
épreuve, il était une personnalité très
appréciée du public. Il apparaitra dans de
nombreux shows radiophoniques à partir de 1935.
Go Down
Moses(1941)
De
son vivant Fats Waller, bien que trés
apprecié
du public, était
plus considéré comme un
clown et un amuseur de scène
que comme un réel
musicien de jazz. Il a toujours été affecté par ce
manque
de considération.
Pourtant, de nombreux enregistrements nous prouvent que Fats savait
s'arrêter dans ses pitreries et était
un musicien très
inspiré,
qui a laissé quelques
belles pages de poésie
musicale...
To A
Wild Rose / Don't
Get Round Much Anymore (1943)
THOMAS
"FATS" WALLER 1904 - 1943 Comme
beaucoup d'autres génies, Fats Waller a disparu bien trop
tôt... Il aura mené une vie intense dans laquelle ses
nombreux excés (nourriture, alcool) sont sans doute responsables
de
sa disparition prématurée : Une pneumonie l'emporta un
soir de décembre, dans ce train qui
le ramenait de la côte ouest. Il était à
l'apogée de sa gloire, il avait 39 ans.
Qui sait jusqu'ou sa musique aurait pu nous transporter... "One
never
knows,
do one...?"